Décès à l’hôpital Cochin : Martin Hirsch prêt à « rendre des comptes »

25 février 2014Société

Image Google Street View.

Samedi 15 février 2014, une dame de 61 ans est arrivée aux urgences de l’hôpital Cochin dans le 14e arrondissement pour une plaie sans gravité au pied. Entre quatre et six heures plus tard, elle était retrouvée morte sur un des sièges.

Avec 152 patients traités ce jour-là, l’hôpital est à peine au-dessus de sa moyenne de janvier (143), ce ne serait donc pas un problème de sous-effectif ou d’une affluence exceptionnelle.

Pas d’erreur individuelle non plus, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a dès la révélation de l’affaire le mercredi 19 mis hors de cause son personnel. Jeudi 20, la ministre de la Santé Marisol Touraine a demandé l’ouverture d’une enquête sur les événements et les dysfonctionnements au sein de l’hôpital Cochin.

Quant à la famille de la femme décédée, elle n’aurait pas souhaité porter plainte.

Le déroulé des événements

Samedi 15 février à 16h48, une dame était transférée par les pompiers à l’hôpital Cochin « pour une plaie au pied » suite à une « chute sans signe de gravité ». À 17h15, une infirmière l’examinait et vérifiait ses « constantes », à savoir le pouls, la température, la respiration, la pression artérielle, etc… Comme cela se fait habituellement, son état n’étant pas particulièrement urgent elle est placée en « zone de surveillance ».

Dans son explication à la presse, le président de la Commission médicale d’établissement Stanislas Chaussade raconte qu’elle a été retrouvée inanimée sur son siège bien plus tard et son décès constaté aux alentours de 23h.

Dès lors se posent les questions de la surveillance de la patiente alors même que les effectifs médicaux et paramédicaux « étaient au complet » selon l’AP-HP.

« On va améliorer Cochin »

Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, a reconnu ce mardi matin au micro de France Inter qu’il y avait eu des erreurs d’organisation. Selon les éléments de l’enquête dont il disposait et qui devrait apporter ses conclusions en fin de semaine, la patiente a été surveillée de 17h à 21h sans signe alarmant.

L’ancien Haut-Commissaire continue le récit : « Quand on l’appelle au bout de 4 heures, elle ne répond pas, on se dit qu’elle est dans une autre pièce, qu’elle est peut-être sortie fumer une cigarette. Passé ce moment de confusion, on revient dans la salle et on se dit qu’elle a dû partir ». Jusqu’a ce que quelqu’un remarque qu’elle n’a pas bougé et qu’il faut la prendre en charge au plus vite. Mais il est déjà trop tard.

Néanmoins, Martin Hirsch précise que « même si elle avait été prise en charge correctement, tout de suite, ça ne l’aurait pas sauvée ». Sa mort, subite et dont il n’a pas donné la cause, est indépendante des raisons qui l’ont amenées aux urgences ce jour-là.

Quid des dysfonctionnements ? Sans en préciser la nature, le directeur de l’AP-HP a avancé des pistes pour les corriger. Désormais chaque dossier sera attribué à une équipe médicale, alors qu’auparavant un médecin pouvait prendre arbitrairement en charge l’un ou l’autre des patients. Une filière de traitement rapide des « petits soins » va être mise en œuvre pour éviter les trop longues attentes.

D’autres corrections seront apportées aux « erreurs d’organisation suffisamment graves pour […] qu’on les prennent au sérieux et qu’on en rende des comptes ». En revanche, il a balayé l’argument selon lequel le transfert des urgences de l’Hotel-Dieu à l’hôpital Cochin n’aurait pas été accompagné d’un renforcement suffisant des effectifs.

« On va améliorer Cochin, on ne va pas le lâcher » a déclaré l’ancien ministre, précisant que ses services suivront « tous les mois ou tous les deux mois » la mise en œuvre des mesures préconisées par l’enquête en cours.

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