Paris 2014 : les candidats exposent leurs idées

21 mars 2014Paris 2014

Autourdemontparnasse.fr a soumis aux 24 candidats des 6e, 14e et 15e arrondissements de Paris un même questionnaire, une dizaine a répondu.

Un candidat Lutte Ouvrière, deux Europe Écologie – les verts, deux de la liste divers-droite de Charles Beigbeder, un UMP et deux candidats indépendants sont représentés. Ils sont 4 candidats du 6e arrondissement, 3 du 14e et 3 du 15e à avoir répondu. Le PS, le FN et deux candidats indépendants n’ont pas répondu.

Ont répondu, par ordre alphabétique :

Dominique Baud Genevève Bertrand Celia Blauel Marie-Claire
Carrère-Gée
Listes Beigbeder Liste Pour le 6e avant tout EELV Liste 100% 14e
6e arrt 6e arrt 14e arrt 14e arrt
Françoise Giboteau Jean-Pierre Lecoq Emmanuel Pierrat Géraldine
Poirault-Gauvin
Front de Gauche UMP EELV Listes Beigbeder
15e arrt 6e arrt 6e arrt 15e arrt
Julien Rippert Laurent Vinciguerra
 Liste Notre 15 Lutte Ouvrière
15e arrt 14e arrt

Les questions leur ont été posées par courrier électronique :

  1. Comment jugez-vous les années Delanoë à Paris ?
  2. Comment jugez-vous l’action du maire d’arrondissement sortant ?
  3. Un maire d’arrondissement a-t-il un rôle décisif ou pensez-vous que seul le travail à la mairie de Paris compte ?
  4. Quelle devrait être selon vous la priorité du ou de la futur(e) maire d’arrondissement ?
  5. Quelle devrait être selon vous la priorité du ou de la futur(e) maire de Paris ?
  6. Quelle politique sur le long terme devrait être menée à Paris ?
  7. Que pensez-vous de la tour Montparnasse ? Peut-elle et doit-elle être détruite ?
  8. Comment jugez-vous l’évolution des gares parisiennes vers une fonction de centre commercial ?
  9. Qu’est-ce qui vous différencie fondamentalement des autres candidats ?

Comment jugez-vous les années Delanoë à Paris ?

À droite, il y a les sévères : « des actions trop coûteuses, des choix démagogiques » (Dominique Baud), « beaucoup d’argent a été dépensé, la dette a considérablement progressé » (Jean-Pierre Lecoq). Le seul mérite selon eux ? La communication : « le faire-savoir a été privilégié sur le savoir-faire » (Géraldine Poirault-Gauvin), « Bertrand Delanoë a su, beaucoup mieux que bien des leaders de la droite parisienne, parler aux Parisiens. »

Mais beaucoup s’accordent à dire que certaines choses, notamment dans sa première mandature, sont positives : « nous sommes assez satisfaits sur certains points, comme la réduction de la place consacrée à la voiture individuelle et le développement des transports en commun, du vélib, de l’autolib’ » (Emmanuel Pierrat), « Paris plage c’est bien pour les gens qui n’ont pas les moyens de partir en vacances ou de se payer des loisirs, sorties, le cinéma, encore moins le théâtre, les concerts » (Laurent Vinciguerra) mais les points de crispation se sont multipliés « Néanmoins, si les écologistes sont solidaires et redevables du bilan de Bertrand Delanoë, nous avons également des points de désaccords profonds. Le projet de la tour Triangle dans le 15ème arrondissement en est emblématique » (Celia Blauel), « la dérive budgétaire et l’urbanisme spéculatif actuelles posent de graves questions sur l’avenir de la Ville » (Françoise Giboteau).

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Comment jugez-vous l’action du maire d’arrondissement sortant ?

6e arrondissement : Jean-Pierre Lecoq est le seul maire sortant à avoir répondu à notre questionnaire : « Je considère que mon bilan est estimable compte tenu du statut de Mairie d’Arrondissement. L’ensemble des investissements qui sont réalisés sur le territoire de mon arrondissement comme d’ailleurs des dix-neuf autres, sont déterminés avec la Mairie de Paris car ce sont les finances de la Mairie de Paris qui sont sollicitées pour réaliser des équipements. »
Et c’est justement un manque d’action que ses concurrents lui reprochent : « sous une apparente bienveillance, il y a beaucoup de promesses non suivies d’effet » (Emmanuel Pierrat), « Une action tranquille, sans vague, un investissement mesuré si on en juge par le nombre de ses interventions au Conseil de Paris » (Dominique Baud).

14e arrondissement : Il faut différencier l’action de l’ancien maire Pierre Castagnou de son remplaçant Pascal Cherki. Ce que fait Marie-Claire Carrère-Gée en rendant hommage au premier, mais pas au second : « J’ai trouvé l’action de la municipalité actuelle assez brouillonne et dogmatique. » Celia Blauel considère le bilan « globalement positif » mais « sur de nombreux sujets, les écologistes auraient aimé aller plus loin, notamment sur la politique de logements et les choix dans la répartition de l’offre de logements sociaux ». Quant à Laurent Vinciguerra, il appelle à la sanction du gouvernement : « Le maire PS et la candidate PS sont les représentants de la politique de Hollande ».

15e arrondissement : «  « Sortant » ? Il est élu au conseil d’arrondissement du 15e depuis l’année de ma naissance » Julien Ripper plaide pour un rajeunissement du conseil municipal et critique l’électoralisme de Philippe Goujon. «  La mairie du 15ème a continué à développer une politique de droite, démagogique […] et sécuritaire, laissant notamment les quartiers populaires se débrouiller » (Françoise Giboteau). Géraldine Poirault-Gauvin fait partie de l’équipe sortante, elle critique le maire sortant sur un autre aspect de ses fonctions : « cette mandature a manqué de souffle car le Maire n’est pas assez disponible pour le 15ème arrondissement : il s’occupe beaucoup trop de politique politicienne. »

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Un maire d’arrondissement a-t-il un rôle décisif ou pensez-vous que seul le travail à la mairie de Paris compte ?

Le rôle du maire a une dimension locale rappellent Françoise Giboteau « un maire d’arrondissement a, dans le contexte administratif actuel, un rôle de proximité à ne pas négliger » et Emmanuel Pierrat « Il a des moyens d’action […] et il joue un rôle fondamental de relais et d’impulsion auprès de la Mairie de Paris. » Ce relai auprès de la mairie centrale, il doit le porter avec force disent Celia Blauel : « un/une Maire d’arrondissement a d’autant plus un rôle décisif que ses compétences sont très contraintes », Dominique Baud « il peut et doit jouer un rôle, comme tout conseiller de Paris d’ailleurs », Marie-Claire Carrère-Gée qui parle d’un « rôle décisif » et Julien Rippert qui attend du maire d’arrondissement qu’il « impulse une dynamique ». Pour celà, explique Géraldine Poirault-Gauvin, il doit compter sur « sa volonté » et « son charisme ».

Jean-Pierre Lecoq considère en effet qu’il « joue un rôle d’intermédiaire important » entre la population et les instances dirigeantes, mais il rappelle que « la Politique de la Mairie de Paris dans tous les grands domaines, (logement, circulation) est définie à l’Hôtel de Ville en fonction de la majorité municipale élue. » Faux, affirme Laurent Vinciguerra, ni le maire d’arrondissement ni le maire de Paris ne comptent car ils « sont soumis aux dotations budgétaires des gouvernements. »

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Quelle devrait être selon vous la priorité du ou de la futur(e) maire d’arrondissement ?

6e arrondissement : Emmanuel Pierrat en choisit une, c’est « le caractère identitaire de l’arrondissement » par exemple en revitalisant la culture. Dominique Baud ne se contente pas d’une priorité, les problèmes sont multiples, du logement aux crèches, de la mendicité à la circulation. Jean-Pierre Lecoq veut aller se battre à la mairie pour qu’une plus grande part des impôts locaux reviennent au 6e.

14e arrondissement : Le logement aussi préoccupe Laurent Vinciguerra qui propose « la réquisition des logements vides et terrains pour construire des logements sociaux de qualité » mais aussi d’investir dans l’école, la culture et le sport. Celia Blauel aussi réclame plus de logements sociaux et de « mener une politique de mobilisation des logements vides, de transformation des bureaux vacants en logements » ainsi que lutter contre la vente à la découpe en rachetant les immeubles concernés.

15e arrondissement : Julien Rippert veut « redynamiser » le 15e, sa vie culturelle mais aussi sa vie nocturne « sans nuisance pour les riverains ». Françoise Giboteau veut « sortir la Ville des griffes de la spéculation immobilière », la rendre moins chère et plus agréable à vivre. Géraldine Poirault-Gauvin liste 4 priorités : les familles, la sécurité, la propreté et le logement.

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Quelle devrait être selon vous la priorité du ou de la futur(e) maire de Paris ?

Les réponses sont très variées. Le logement demeure la priorité pour Celia Blauel, Laurent Vinciguerra et Françoise Giboteau. Dominique Baud ajoute à cela la diminution des impôts locaux, la sécurité, la propreté et un thème cher à Emmanuel Pierrat qui en fait sa priorité, la lutte contre la (les) pollution(s). Marie-Claire Carrère-Gée, Géraldine Poirault-Gauvin et Julien Rippert songent au rayonnement de Paris, qu’il soit économique ou culturel. Plus philosophe, Jean-Pierre Lecoq attend du maire qu’il cherche « la satisfaction des Parisiens. Pour cela il doit les aimer quels qu’ils soient. »

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Quelle politique sur le long terme devrait être menée à Paris ?

Un certain nombre de thèmes reviennent dans la bouche des candidats, à commencer par celui de l’écologie, priorité n°1 de Celia Blauel avec un désir de travail sur la transition énergétique. Dominique Baud, Emmanuel Pierrat et Marie-Claire Carrère-Gée y ajoutent la culture et cette dernière y voit l’opportunité une nouvelle fois de promouvoir le rayonnement international. Elle est rejointe sur ce point par Julien Rippert qui voit dans le Grand Paris un moyen. Jean-Pierre Lecoq pense d’abord aux parisiens et à leurs équipements de proximité, mais cela passe par moins de dépenses inutiles précise Géraldine Poirault-Gauvin. Françoise Giboteau redit l’importance de la question du logement et Laurent Vinciguerra écarte ses considérations au profit d’une lutte contre « le grand patronat et [le] gouvernement à son service. »

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Que pensez-vous de la Tour Montparnasse ? Peut-elle et doit-elle être détruite ?

Seules deux candidates affirment qu’elles l’aiment « Tous les matins et tous les soirs, je salue et elle me le rend bien l’élégante Tour Montparnasse » raconte en prose Geneviève Bertrand qui n’a pas répondu au questionnaire mais qui a tenu à préciser cela lors de notre premier échange. Géraldine Poirault-Gauvin considère que « ceux qui veulent la détruire ne sont pas des candidats sérieux. […] La vue sur Paris du haut de la Tour Montparnasse est époustouflante. »

Pas de destruction donc, mais une rénovation comme l’affirment également Jean-Pierre Lecoq et Marie-Claire Carrère-Gée. Pour d’autres, la question mérite d’être posée et surtout débattue par les Parisiens, c’est la vision de Julien Rippert, Celia Blauel et Laurent Vinciguerra qui rappelle que tout ce qui va se faire devra l’être pour le bien-être des salariés.

Et Françoise Giboteau d’ajouter « mais ne la multiplions pas comme avec la Tour Triangle ». Une réponse de la même teneur pour Dominique Baud « si c’était à refaire, je m’opposerais à sa construction ». Emmanuel Pierrat est bien plus radical : « pour moi elle n’a rien à faire dans cet arrondissement. Si de surcroît elle est malsaine (amiante), il vaudrait mieux qu’elle soit détruite. »

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Comment jugez-vous l’évolution des gares parisiennes vers une fonction de centre commercial ?

Seules Celia Blauel et Françoise Giboteau se montrent fermement opposées à ce destin de centre commercial pour la gare Montparnasse, elles veulent que les gares soient un lieu de contact, d’échange, de lien. Laurent Vinciguerra s’interroge sur le saucissonnage de la SNCF en vue d’une privatisation.

Certains accueillent l’idée favorablement mais y apportent des conditions. Emmanuel Pierrat veut des livres et de la presse, Julien Rippert que ce ne soit pas le lieu des mêmes enseignes qu’on trouve partout ailleurs, Marie-Claire Carrère-Gée et Géraldine Poirault-Gauvin proposent d’y importer des services administratifs.

Dominique Baud prévient que ces changements impliquent d’être vigilant sur la sécurité et Jean-Pierre Lecoq rappelle que d’autres projets de rénovation sont en cours, tel le centre commercial sous la tour, et qu’il faudra choisir.

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Qu’est-ce qui vous différencie fondamentalement des autres candidats ?

Dans cet exercice complexe et difficile à résumer, les candidats ont dû choisir ce qui les rend unique, une valeur qui les caractérise. Certains ont choisi de se ranger derrière leur parti, les candidats du Front de Gauche Françoise Giboteau et de Lutte Ouvrière Laurent Vinciguerra mettent respectivement en avant leur combat contre la finance et la défense des travailleurs contre la bourgeoisie.

D’autres reprennent à leur compte ce qui fait la spécificité de leur parti. Les Verts Emmanuel Pierrat et Celia Blauel disent l’importance de l’écologie dans les décisions à prendre à Paris.

Certains jouent de leur indépendance comme d’une force. Ainsi Julien Rippert se dit-il « affranchi des carcans » et Marie-Claire Carrère-Gée rappelle-t-elle sa décision de se présenter contre Nathalie Kosciusko-Morizet en présentant une liste « 100% 14e ».

Plus personnelles, Dominique Baud et Géraldine Poirault-Gauvin vantent leur caractère volontaire et leur courage. Jean-Pierre Lecoq rappelle seulement qu’il est le maire sortant et qu’à ce titre, il est la cible de bien des critiques.

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Les candidats qui n’ont pas répondu sont :

6e arrondissement : Patrick Planque (Lutte Ouvrière), Anaïs Goumand (Front de Gauche), Romain Levy (PS) et Paul Marie Couteaux (FN).

14e arrondissement : Leila Chaibi (Font de Gauche), Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), Carine Petit (PS), Tiphaine Leost (FN) et Nicolas Mansier.

15e arrondissement : Jean-Luc Dumesnil (EELV), Philippe Goujon (UMP), Anne Hidalgo (PS), Wallerand de Saint Just (FN) et Bertrand Vialle.

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